Par BENATA Mohamed: militant écologiste

Après plusieurs victimes tombées sur le champ de bataille du plan AZUR dont notamment la plage de Saïdia et la zone humide de l’Embouchure de la Moulouya qui a été sanctionnée dernièrement par la Conférence Internationale sur la Biodiversité qui a décerné le Prix Globe Gris, suite aux séquelles qui lui  ont été infligée par le Méga projet Méditerrania-Saïdia, une autre victime est en vue qui est celle de la zone humide de Oued Chbika.

La future ville touristique Oued Chbika, l’une des trois stations balnéaires du « Plan Azur Extension » a été installée  le long de l’Oued et du littoral Atlantique attenant à l’Embouchure de Oued Chbika et en plein dans sa zone humide. Cette zone constitue un important refuge pour les oiseaux migrateurs, abritant des populations considérables de flamant rose.

Cette zone humide a fait l’objet d’une autorisation de lotir qui n’a rien à voir avec le respect de la nature ou l’intégration de l’Environnement et du développement durable stipulés dans la Charte Nationale pour l’Environnement et le développement durable.

Prévue sur une superficie de 1.500 hectares, la ville touristique Oued Chbika est située à 50 kilomètres de Tan-Tan et comprendra en plus d’une marina, cinq hôtels 5 étoiles, trois hôtels 4 étoiles, un terrain de Golf 27 trous, une médina et bien d’autres infrastructures touristiques et culturelles, mais surtout un important lot immobilier de 1.851 unités résidentielles. Les appartements qui seront commercialisés à 2 millions de DH en moyenne, les villas entre 7,6 millions et 12,8 millions de DH et les riads à partir de 2,6 millions de DH. Par ailleurs  des haciendas composées de terrains de 4.000 à 5.000 m2, proposées à partir de 1,8 million de DH.

Au cours des travaux pour l’installation des infrastructures relatives à ce projet « Touristico-immobilier » pour relier ce site à la ville de Tan Tan, des Tumulus d’origine préhistorique ont été gravement saccagés par les entreprises chargées des travaux  à la recherche de profit facile. Ce patrimoine préhistorique, qui a fait l’objet de prospection en 2001, a été irrémédiablement endommagé sous le regard des autorités locales et les cadres du Ministères des Travaux Publics qui n’ont fait aucun geste pour le protéger prouvant une fois de plus le manque de citoyenneté dans certains Département de l’Etat.

Le Maroc étant signataires de plusieurs  conventions internationales sur le respect de la nature et des oiseaux migrateurs devrait intégrer ses engagements et ses visions comme un pays respectant l’Environnement dans ses plans de développement socio économique. On ne peut pas dégrader son patrimoine naturel et historique et dire qu’on développe durablement son pays. Le Maroc se veut un pays respectueux de l’Environnement, il est tout à fait légitime de se demander à qui incombe le retard dans l’adoption de la Loi Littoral ?