Est-il encore temps? Faut-il baisser les bras? Faut-il fermer les yeux et faire la sourde oreille?

Je pense que se sont des questions toutes faites pour stopper la lutte pour la protection de la nature et de l’Environnement sur le plan général aussi bien local régional, national qu’international.

Si tout le monde se dit que s’est trop tard, s’est déjà dégradé on n’y peut rien, c’est ce que veut le lobbies immobilier et foncier, on se disant on a les moyens d’exécution pour réaliser nos projets rapidement, il n’y a qu’à les mettre devant le fait accompli. Cette société civile soucieuse de la protection de l’environnement n’aura pas le temps de s’organiser pour stopper notre projet.

C’est la même chose qui s’est passée chez nous en Oriental au niveau du projet de Fadesa qui a détruit les dunes maritimes de Saïdia et risque de porter atteintes au SIBE de la Moulouya. Mais à notre niveau nous avons décider de continuer la lutte, peut être ça ne va pas restituer notre plage initiale mais nous contribuons dans la lutte générale pour sensibiliser le large public et assurer son information pour que l’investisseur et son commanditaire ne passent pas pour des gens respectueux de l’Environnement ou respectant la déontologie et les Chartes de l’Environnement. Il faut être convaincu que cette lutte même à postériorité de l’exécution des projets non respectueux de l’Environnement a ses conséquences on peut assister si la sensibilisation est réussite à un boycotte du projet par la population et par les tours opérateurs.

En conséquence, en mon nom personnel et celui de tous les militants pour la préservation de notre patrimoine naturel je lance un appel pour encourager et  appuyer cette lutte pour la préservation de ce qui reste de la zone humide de Smir et dénonce l’irresponsabilité du Gouvernement du Maroc et sa complicité pour céder à la privatisation des biens publiques communs de tous les Marocains.

Bien cordialement,
S/ BENATA Mohamed
www.place1901.org/oujdaesco
 
De part sa position géographique, le Nord du Maroc constitue pour de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs une zone de transit importante dans leurs longues migrations intercontinentales.  Que ce soit à l’aller ou au retour, de nombreuses espèces s’arrêtent dans le secteur où elles vont trouver refuge dans différents ecosystèmes caractéristiques.  Parmi ces écosystèmes figurent les zones humides dont les superficies et le nombre ont été déjà fortement réduits au profit d’aménagements touristiques et de constructions.   En effet, bon nombre de ces zones se situent en bordure du littoral et sont soumises dès lors à la pression immobilière croissante.
Dans un article précédent, j’avais déjà parlé de la zone humide de Martil et du souhait de Rachid que cette zone soit reconnue rapidement comme zone protégée.  En effet, tant que ces zones ne bénéficieront pas d’un statut officiel, on peut s’attendre au pire… Mais bon, de toute manière, est-ce suffisant ?  Pas si sûr…
Ces zones restent fragiles et surtout insuffisamment protégées (http://ma.chm-cbd.net/manag_cons/esp_prot)
Ce constat se voit confirmé dorénavant par une nouvelle menace qui pèse sur une site tout proche de Tétouan : la lagune de Smir…
Reconnue depuis 1995 par le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification comme SIBE (site d’intérêt biologique et écologique) on aurait pu penser que la lagune de Smir serait à l’abri de toute destruction ou d’aménagements qui nuiraientt à sa pérennité et à la préservation des espèces.  Des aménagements ont même été faits en son pourtour aménagé en promenade et qui apportent des explications sur les espèces qui s’y réfugient et y séjournent.
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Parmi ces espèces, certaines sont rares et d’autres sont même considérées comme menacées de disparition et la lagune est un des rares sites où l’on peut encore les observer.
La lagune se situe par ailleurs en bordure de la partie marocaine de la réserve de la biosphère intercontinentale de Méditerranée et fait ainsi partie depuis le 25 octobre 2006 de la liste mondiale des réserves de la biosphère approuvée par le programme MAB de l’UNESCO .  Il est même étonnant qu’elle n’en fasse pas partie car son biotope est relativement unique.
En mai 2010, j’avais eu l’occasion de visiter les lieux avec Rachid. Ce fut notre premier contact et il s’était fait dans le cadre d’une journée de sensibilisation aux problèmes de la lagune.  De nombreux experts étaient alors venus s’exprimer sur différents sujets relatifs à la lagune :
  • son hydrologie
  • sa diversité floristique
  • la diversité des insectes qui s’y trouvent
  • sa position stratégique sur les chemins migratoires
  • la richesse de sa population ornithologique
  • etc..
Pour terminer, nous avions eu droit à une présentation d’un projet qui s’intitulait ECOPARC…. Cette présentation avait suscité pas mal d’inquiétude et de questions pertinentes quant à la finalité réelle du projet mais peu de réponses convaincantes avaient été données. La journée s’était terminée sur la promesse de mettre en place une commission de suivi…
Rachid m’avait alors amené sur le site de la lagune qu’il visitait régulièrement et dont il voyait presque quotidiennement les dégradations.
Pour arriver au bord de la zone, nous avions alors traversé des zones urbanisées qui se sont développées depuis quelques années sur des parties asséchées de la lagune réduisant ainsi son étendue sans parler des nuisances qu’elles engendrent en terme de rejets…
Zone urbanisée sur la lagune de Smir
Un peu plus loin nous atteignons l’endroit que Rachid souhaitait me montrer. Et là, surprise, une route en construction en plein milieu de la zone !
Aménagement de la lagune de Smir Travaux dans le périmètre de la lagune de Smir
Rachid m’informe par ailleurs qu’en cette période de nombreuses espèces devraient nicher par ici… Et cette route s’inscrit pourtant dans le cadre de l’ECOPARC.
Peu après, les travaux ont été arrêtés – je sais que des lettres ont été adressées à de hautes instances – et les panneaux annonçant le projet ECOPARC ont disparu.  On aurait pu penser alors que le projet avait été abandonné, mais quelque temps plus tard un nouveau panneau est venu remplacer le précédent.
Au service de l'environnement....
On ne parle plus d’ECOPARC mais maintenant il s’agit de la construction d’un complexe RITZ-CARLTON… Le projet se composera de 131 villas et 83 appartements et d’un hôtel cinq étoiles qui sera le premier du groupe en Afrique. Le domaine couvrira quelques 130 hectares et comprendra un glof 19 trous…  L’ouverture est prévue pour 2013 et tout semble aller pour le mieux pour les promoteurs car il n’aura pas fallu un mois pour que le projet soit vendu… Comme quoi la crise n’existe pas pour tout le monde…
Mais bon, ce n’est pas la raison de cet article mais plutôt l’impact qu’auront ces nouvelles constructions sur la lagune car c’est au détriment de celle-ci que se feront les aménagements.  Il suffit de regarder la vidéo présentant le projet pour en être convaincu… Et la “communication” qui parle de “service à l’environnement”… On ne doit pas avoir la même interprétation du service et de l’environnement.
Depuis quelque temps les travaux ont repris sur le site et auront une influence certaine sur l’écosystème. Dès cette année de nombreuses espèces ne pourront plus ni hiverner ni nidifier ici…
Quelques associations se sont rassemblées récemment à M’diq pour dénoncer le projet.  Depuis, une page facebook  Non à la destruction des marais et lagune de Smir a été créée pour une sensibilisation tant locale qu’à l’étranger et de nombreux groupes ornithologistes ont déjà relayé l’information sur leur blog car la destruction de la lagune sera une perte considérable pour la biodiversité de la zone.  Rachid a aussi été invité à parler du problème sur un média national et on parle également d’une manifestation prochaine sur le site.
Mais est-il encore temps ?
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2 Comments to “Va-t-on assister à la destruction de la lagune de Smir ?”


 
  1. Est-il encore temps? Faut-il baisser les bras? Faut-il fermer les yeux et faire la sourde oreille?
    Je pense que se sont des questions toutes faites pour stopper la lutte pour la protection de la nature et de l’Environnement sur le plan général aussi bien local régional, national qu’international.
    Si tout le monde se dit que s’est trop tard, s’est déjà dégradé on n’y peut rien, c’est ce que veut le lobbies immobilier et foncier, on se disant on a les moyens d’exécution pour réaliser nos projets rapidement, il n’y a qu’à les mettre devant le fait accompli. Cette société civile soucieuse de la protection de l’environnement n’aura pas le temps de s’organiser pour stopper notre projet.
    C’est la même chose qui s’est passée chez nous en Oriental au niveau du projet de Fadesa qui a détruit les dunes maritimes de Saïdia et risque de porter atteintes au SIBE de la Moulouya. Mais à notre niveau nous avons décider de continuer la lutte, peut être ça ne va pas restituer notre plage initiale mais nous contribuons dans la lutte générale pour sensibiliser le large public et assurer son information pour que l’investisseur et son commanditaire ne passent pas pour des gens respectueux de l’Environnement ou respectant la déontologie et les Chartes de l’Environnement. Il faut être convaincu que cette lutte même à postériorité de l’exécution des projets non respectueux de l’Environnement a ses conséquences on peut assister si la sensibilisation est réussite à un boycotte du projet par la population et par les tours opérateurs.
    En conséquence, en mon nom personnel et celui de tous les militants pour la préservation de notre patrimoine naturel je lance un appel pour appuyer cette pour le préservation de ce qui reste de la zone humide de Smir en dénoncent l’irresponsabilité du Gouvernement du Maroc et sa complicité pour céder à la privatisation des biens publiques communs de tous les Marocains.

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  2. En conséquence, en mon nom personnel et celui de tous les militants pour la préservation de notre patrimoine naturel je lance un appel pour encourager et appuyer cette lutte pour la préservation de ce qui reste de la zone humide de Smir et dénonce l’irresponsabilité du Gouvernement du Maroc et sa complicité pour céder à la privatisation des biens publiques communs de tous les Marocains.

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